Santé mentale Grande cause nationale prolongée en 2026 : et si l’IPS montrait la voie ?

En 2025 et 2026, la santé mentale est “Grande cause nationale”. Chez WFX Formations, on saisit cette opportunité pour vous proposer une série d’articles thématiques. À travers notre expérience, des concepts clés et des approches novatrices, nous vous invitons à explorer les pratiques qui font avancer les pratiques orientées rétablissement.

En novembre 2025, le gouvernement a confirmé que la santé mentale resterait “Grande cause nationale” en 2026. Une annonce attendue, saluée dans le champ sanitaire, social, médico-social, mais aussi dans le monde de l’éducation, de l’emploi et des politiques publiques. 

Dans ce 4ème épisode de notre série, on revient sur les avancées de 2025 : cette parole qui s’est déliée, cette visibilité nouvelle, ces pratiques qui prennent racine. Et on se tourne vers 2026, avec une question en tête : comment continuer à faire place à la santé mentale dans les politiques, les accompagnements, les collectifs ?

 

I. 2025 : une année charnière pour mettre le focus sur la santé mentale

 

1. Une mobilisation nationale

Désignée “Grande cause nationale” en janvier 2025, la santé mentale a été mise au centre de nombreuses initiatives sous le slogan « Parlons santé mentale ! ». En 2025, plus de 3 000 événements ont été organisés en régions et plus de 900 actions ont reçu le label national, mobilisant associations, professionnel·les, collectivités et personnes concernées autour de la sensibilisation, du repérage précoce, et de l’ouverture de la parole.

Cette mobilisation a été portée par un collectif de plus de 3 000 structures engagées dans le champ de la santé mentale, illustrant l’ampleur et la diversité des acteurs impliqués sur le territoire.


2. Une visibilité médiatique grand public, tous supports confondus

Plusieurs grands rendez-vous audiovisuels ont contribué à faire émerger de nouveaux récits, plus nuancés, plus humains, autour des troubles psychiques et des parcours de vie :

  • « Santé mentale, briser le tabou », un documentaire diffusé sur M6 en mai 2025

  • « Mieux dans ma tête – Parlons santé mentale », soirée spéciale sur France Télévisions en juin 2025

  • « Têtes plongeantes – Faire équipe pour la santé mentale », diffusé sur TF1 en décembre 2025

Dans ce dernier documentaire, plusieurs footballeurs champions du monde 2018 – dont Raphaël Varane, Olivier Giroud et Samuel Umtiti – prennent la parole aux côtés de jeunes adultes, dans des cercles de partage autour de la dépression, du harcèlement ou encore de l’angoisse. Ces échanges peuvent créer un espace d’écoute et d’identification, en particulier pour les jeunes publics.

Ces diffusions, comme de nombreux articles, podcasts, dossiers spéciaux et prises de parole publiques, rendent la  santé mentale plus visible, plus proche, plus accessible.


3. De la sensibilisation à la déstigmatisation : une dynamique engagée, à consolider

Les actions menées en 2025 s’inscrivent en partie dans les orientations portées par la Commission Lancet sur la fin de la stigmatisation et de la discrimination en santé mentale. La valorisation de la parole des personnes concernées, la multiplication des espaces d’échange et l’évolution des récits médiatiques vers des approches plus humaines et nuancées constituent des leviers reconnus pour faire évoluer les représentations sociales.

Pour autant, la Commission Lancet rappelle que la déstigmatisation ne peut reposer uniquement sur des campagnes de sensibilisation, aussi ambitieuses soient-elles. Elle nécessite des changements plus profonds, touchant aux pratiques professionnelles, aux organisations du travail, aux politiques publiques et aux conditions concrètes d’accès aux droits. Sans ces évolutions structurelles, le risque est de voir s’installer un décalage entre des discours plus ouverts et des réalités toujours marquées par des discriminations persistantes, notamment dans l’emploi, le logement ou les parcours de soins.

Dans cette perspective, l’année 2026 ouvre un nouveau cycle : celui du passage de la mobilisation à l’inscription durable de la lutte contre la stigmatisation dans les pratiques, les organisations et les politiques publiques, afin de transformer concrètement les conditions de vie et de participation sociale des personnes concernées.

 

II. 2026 : prolongation confirmée, enjeux renforcés

 

1. Une prolongation qui confirme la volonté de transformation

Le 27 novembre 2025, le gouvernement confirme que la santé mentale restera Grande cause nationale en 2026, une décision qui s’accompagne d’une ambition renouvelée : « rendre la santé mentale tangible dans le quotidien », que ce soit dans l’école, l’emploi, l’urbanisme ou les politiques locales.

Cette reconnaissance politique ne suffit pas à elle seule à produire du changement, mais elle offre un cadre légitime pour aller plus loin : soutenir les initiatives de terrain, créer des ponts entre les secteurs, redonner une place centrale aux personnes concernées.


2. Les grands défis de 2026

Ces défis ont été identifiés par le collectif Santé mentale Grande cause nationale, en lien avec les services de l’État. Ils s’appuient sur les constats partagés en 2025 et les ambitions pour inscrire la santé mentale dans toutes les politiques publiques.

Défi majeur

Objectif associé

Ancrer la santé mentale dans les politiques publiques

Décloisonner les champs (santé, travail, éducation, logement…)

Soutenir les jeunes publics

Déploiement du repérage précoce, accompagnement renforcé

Donner des moyens durables aux acteurs de terrain

Financements, formation, coordination entre structures

Valoriser les savoirs expérientiels

Pair-aidance, participation des personnes concernées

 

III. L’IPS : une méthode qui répond aux ambitions de 2026

 

1. L’IPS, une approche centrée sur la personne

Depuis plus de 10 ans, le modèle IPS (Individual Placement and Support) fait doucement son chemin en France. Son principe ? Proposer un accompagnement vers et dans l’emploi aux personnes vivant avec des troubles psychiques, en s’appuyant sur leurs envies, leurs compétences 

Loin des parcours standardisés, l’IPS transforme les pratiques d’insertion professionnelle. Il repose sur une alliance entre job coachs, professionnel·les du soin, employeurs, entourage, dans une logique de co-construction et de soutien mutuel.


2. Une reconnaissance qui grandit

En novembre 2025, un grand média national, Le Monde, consacrait un article au rôle du travail dans le rétablissement. Pour illustrer cette dynamique, le journal a mis en lumière l’expérience du CHU de Montpellier, où la Plateforme de Réhabilitation Professionnelle et le Centre J. Minvielle intègrent le modèle IPS dans leurs pratiques.

Ces équipes ont été formées, accompagnées et supervisées par le WFX, qui intervient sur l’ensemble du modèle : formation initiale, accompagnement du management, supervisions régulières, visites de fidélité.

Cette reconnaissance médiatique traduit une évolution des regards : on reconnaît de plus en plus que l’emploi, quand il est choisi et soutenu, peut être un formidable levier de rétablissement.


3. L’IPS : un cadre pour structurer les actions à venir

Le modèle IPS s’inscrit pleinement dans les priorités fixées pour 2026. Il fournit un cadre structurant et éprouvé pour :

  • renforcer les compétences professionnelles dans l’accompagnement vers le travail,

  • favoriser les coopérations entre les secteurs sanitaire, social, médico-social et économique,

  • soutenir les dynamiques territoriales en décloisonnant les approches,

  • inscrire chaque parcours dans une logique de réseau, d’échange, de transmission,

  • Déstigmatiser les troubles psychiques à travers des rencontres entre personnes
  • et surtout : placer la personne concernée au cœur, comme actrice de son propre rétablissement.

Au-delà d’une méthode, l’IPS porte une vision. Celle d’un soin ancré dans la citoyenneté, l’autonomie et la participation.


Transformer l’essai

Pour que la Grande cause nationale se traduise par des effets concrets et durables, 2026 devra être l’année de l’action partagée. C’est en accompagnant celles et ceux qui sont sur le terrain que les ambitions pourront devenir réalité.

  • Former et soutenir les professionnel·les : job coachs, équipes pluridisciplinaires, pairs-aidants…

  • Déployer des expérimentations au niveau national

  • Valoriser les coopérations locales : entre structures sanitaires, médico-sociales, entreprises, collectivités

  • Nourrir les réseaux d’échange : partager les outils, les retours d’expérience, les réussites

  • Mettre les personnes concernées au cœur : développer leur participation, s’appuyer sur leurs savoirs et leurs choix


2025 a ouvert la voie. En 2026, il faudra consolider, ancrer, faire école. Le WFX, ses formateurs et partenaires resteront engagés.


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